Le doigt là où ça part en live

Tests - Native Instruments The Finger


Native Instruments a décidé de mettre le doigt là où ça glitch en proposant un effet orienté live, très intuitif, pas vraiment paramétrable mais extrêmement fun : The Finger.

Mais qu'est-ce que ce Finger ?

The Finger est un multi-effets temps réel dit polyphonique. Il s'agit d'une adaptation en Kore Sounds et en Ensemble Reaktor d'un module Reaktor custom créé par Tim Exile, le spécialiste de la déstructuration sonore. Il offre jusqu'à 6 effets empilés et permet même de générer des sons afin de l'utiliser tel un synthé virtuel.

Quant à son nom, c'est tout simplement parce qu'avec un seul doigt et un clavier maitre, on peut faire pas mal de choses.

Pour le faire fonctionner, il faut avoir soit le Kore Player soit Reaktor 5 d'installé. Rassurez-vous, la version gratuite du Kore Player remplit aussi bien l'office que la payante.

Une fois les 2 logiciels installés, on procède à l'autorisation, à l'ancienne, avec un numéro de série et on est prêt à délirer avec ce nouveau multi-effets.


L'interface

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Lorsqu'on l'utilise avec le Kore Player, l'interface est donc celle du... Kore Player (grand moment de suspense du test). On a sur les 2/3 du bas de la fenêtre l'explorateur et en haut ce qu'on appelle le Twister (à priori, aucun rapport avec le Titi Twister).

Pour l'utiliser en tant qu'effet, on place le Kore Player FX en insert sur une piste, on clique sur le bouton FX de l'interface et dans la colonne Soundpack du browser intégré, on choisit The Finger.

Dans la fenêtre de droite apparaissent les pré-réglages et l'on remarque alors que pour chacun, des effets sont cochés dans la fenêtre de gauche. Ils sont les composants du son choisi, à droite de ces composants, les modes de fonctionnements des effets.

Au nombre de 40, les presets sont globalement assez efficaces et affublés de titres univoques comme « Creep Radio FX », « Filter Bank », « Glitch Chopper », « Loop Device » ou encore « Raw Meat ».

On commence à tester, on s'amuse un peu puis on essaie de cliquer sur les composants des sons, sur les presets, on cherche un bouton « edit », un menu caché... Mais non, rien. On dispose de 40 effets ainsi que de quelques sons utilisables en tant qu'instruments mais pas la possibilité d'en créer ! Frustration.

Seconde déception, les différences entre la version Kore et l'Ensemble Reaktor. Point de belle interface alléchante et de contrôles qu'on a envie de triturer pour le premier, tout est pour le second. Eh oui, il fallait être plus riche que ça et se payer Reaktor 5 pour pouvoir profiter de ce graphisme.

L'interface de The Finger sous Reaktor :

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A ce moment précis, j'ai eu la légère impression que Native Instruments rangeait son index pour me sortir son majeur...

Enfin bref, voyons ce que le Twister a à nous offrir comme contrôles.

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  • Twist 1 : déclenche un effet, de la même manière que si vous aviez pressé les touches C3 et B3 de votre clavier maitre.
  • Twist 2 : comme le Twist 1 mais avec C4 et B4.
  • Twist 3 : idem mais C5 et B5.
  • Velocity : définit la vélocité des Twists.
  • Length : pour la longueur des Twists.
  • Mod : lié la roue de modulation, il permet de modifier plusieurs paramètres sur tous les effets empilés.
  • Release : temps de relâchement de l'effet une fois que la note n'est plus pressée.
  • Seq 1 et Seq 2 : deux séquences jouées automatiquement.
  • Arp : déclenche un arpège à chaque note jouée par le clavier, ne marche pas avec les Twists.
  • Hold : pour maintenir la dernière note jouée par l'arpégiateur.

Vous l'aurez compris, à partir du moment où vous avez un clavier maitre, presque la moitié des boutons ne servent à rien. Si vous n'avez pas de clavier maitre, ces boutons ne remplaceront pas le plaisir que l'on a à jouer avec. A la rigueur, ils peuvent être utiles pour les assigner à des touches sur un contrôleur mais l'utilisation du logiciel restera tout de même limitée.

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Mais ce n'est pas tout, il y a également la page MIDI, accessible via un menu déroulant, pour plus de réglages.

  • Seq Oct : pour transposer les séquences automatiques vers le haut ou vers le bas
  • Seq Rate : pour la vitesse des séquences
  • Seq Gate : Longueur des notes des séquences
  • Dry/Wet : équilibre du mélange du signal global de The Finger, très utile avec certains effets un peu dingues
  • Arp Range : gamme de notes jouée par l'arpégiateur
  • Arp Rate : vitesse des effets additionnels déclenchés par l'arpégiateur

Enfin, un écran LCD virtuel permet de gérer très facilement les assignations de contrôleurs MIDI aux boutons du Twister et de la configuration MIDI.

Niveau contrôle c'est donc maigre, très maigre. Mais en fait, offrir moult paramètres pour des heures de programmation de ses effets en définissant soigneusement ce qu'il va se passer n'est pas du tout la philosophie de The Finger.

D'ailleurs, pour savoir le son que produit une touche, il faut essayer. Il n'y a ni organisation, ni logique, ni explications. On appuie, on écoute et on essaie de retenir. Pour faire un live avec et éviter le n'importe quoi intégral, il faudra, je pense, marquer les touches ou se faire une liste repère.

Le concept de ce logiciel c'est donc de détruire le son en temps réel, sans se prendre la tête à programmer et en y prenant le plus de plaisir possible. Ce que nous allons faire tout de suite.


Le Son

Comme toujours, une bonne démo audio vaut mieux qu'un long blabla. Je vous ai donc concocté deux démonstrations qui illustrent bien les possibilités du Finger.

Lorsque l'on commence à s'amuser avec cet effet, il y a une pensée qui vient assez rapidement à l'esprit : et si j'en mettais 2 en même temps ?

Le premier exemple consiste en une basse faite avec l'impOSCar sur laquelle est mis l'effet « Glitch Chopper » et un breakbeat classique sur lequel est appliqué « Loop Device ».

La version « normale » :

Avec The Finger :

Cet exemple permet d'entendre ce qu'avec seulement 2 presets différents on peut obtenir : du simili scratch, des effets bien drastiques, d'autres plus discrets, de la Lo-Fisation, etc. A noter que le Loop Device cumule comme modules Re-Sampler et Combination; le Glitch Chopper est composé, quant à lui, de Pitch Shift, Re-Sampler et Combination. 2 pré-réglages proches dans leur constitution ce qui permet une utilisation combinée harmonieuse gérable avec un seul clavier maitre au contrôle, sans split. Vous remarquerez que les effet sont synchronisés au tempo du logiciel hôte, c'est bien, mais si on avait pu agir sur la division rythmique, ça aurait été mieux.

Second exemple, une boucle composée d'un rythme plus électronique, d'un pad, d'une basse synthétique et d'un son de synthé. Sur le beat il y a le « Breakener », sur le pad il s'agit du bien nommé « Glacier FX », sur la basse c'est « Kaffine » et sur le son de synthé « Temporal Soup ».

Là on rentre dans la déstructuration et l'altération continue du son et on perçoit mieux la palette de possibilités du Finger. Comme pour le premier exemple, tout est contrôlé depuis un seul clavier maitre, sans split.

La version « normale » :

Avec The Finger :

L'écoute du second exemple appelle une question : pourquoi n'ont-ils pas implémenté une fonction pour faire du morphing d'un son à l'autre ? Le Finger aurait alors pris des dimensions épiques.

Autre élément, plus gênant, le temps de chargement parfois assez long d'un preset, on peut rester quelques secondes à se demander si l'ordinateur n'est pas en train de geler. Impossible donc en live de changer un preset à la volée pendant que le son est joué, dommage.


Conclusion

Certes, il n'y a pas réellement d'effet inédit. Toutes les sonorités produites sont connues des oreilles averties en bidouillage sonore. Mais la mise en place rapide et l'utilisation intuitive sont ce qu'il faut retenir. Il ne s'agit définitivement pas d'un outil de sound design mais d'un effet pour le live, très fun à utiliser.

Le souci principal, selon moi, c'est le prix. 69€ c'est 2 fois trop cher. A 34,50€ je l'aurai encensé, à 69€ je trouve que c'est un peu salé pour 40 effets non modifiables emballés dans un module moche, avec des temps de chargement bridant le live, même s'il est indéniable qu'on prend vraiment du plaisir à l'utiliser.


Les Plus :

  • Rien à configurer, on appuie sur des notes, ça agit
  • Les presets bien pensés
  • Synchronisation au tempo des effets
  • Très fun à utiliser


Les moins :

  • Impossible de programmer ses effets
  • Aucunes indications quant à l'effet que peut produire une touche
  • Temps de chargement des presets trop long
  • Interface Kore désagréable
  • La « bonne » interface est réservée aux possesseurs de Reaktor 5
  • Nombre de presets un peu juste (40)
  • Mauvais rapport qualité/prix
  • Pas de morphing entre les sons
  • Pas de réglage de la synchronisation au tempo du logiciel hôte

Messages postés par les membres :
BY matthieu
Yeah, je lis ça au plus vite !!

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