Music & You 2010, nouvelle version du salon de la musique

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Me voilà donc en ce froid après-midi de novembre au salon de la musique rebaptisé Music & You, parce qu’en anglais, c’est fun et branché. Première chose que je constate, c’est qu’il y a vraiment eu un chouette travail de restauration de la grande halle de la Villette, ça a pris du temps mais ça valait le coup, c’est vraiment un très bel endroit.

Petite visite guidée de ce que vous avez raté, ou pas.

Je n’ai pas beaucoup de temps pour m’attarder sur l’architecture, très vite, c’est le brouhaha constant du salon qui m’enlève toute capacité d’attention supérieure à deux secondes ; une ligne de basse en slap se mélange à un test de clavier-arrangeur pour baluche, un saxophone tente de se frayer un chemin au milieu d’amplis guitares poussés à fond « t’as vu ce qu’il a dans le ventre mon ampli » etc, c’est cela le salon de la musique. 

Un bel ampli HiWatt

Du côté des instruments acoustiques, c’est un peu plus calme. Buffet-Crampon et Selmer ont sorti leurs cuivres impeccablement briqués pour l’occasion, de magnifiques instruments à cordes frottées témoignent d’un joli savoir faire -au moins esthétique- de la part des facteurs français et il y a même un village de l’accordéon ! Oui oui, c’est vraiment comme cela qu’il se nomme et il faut avouer que c’est peut-être l’endroit le plus sympa du salon, pas de pose, pas de chichi,  c’est à la bonne franquette et ça rigole bien, même si ça parle aussi boulot.

Ambiance différente chez « Les maitres de l’art » (!), j’y découvre des instruments magnifiques, clavecin, pianoforte ou encore cloches destinées au Mont Saint-Michel. Je me fais même offrir une coupe de champagne là-bas. Luxe et volupté. Par contre je me fais engueuler quand je veux prendre une photo, j’avais sûrement une tête de voleur de secrets industriels de fabrication de clavecin. C’est tout de même chez ces maitres de l’art que j’ai entendu la meilleure blague de l’après-midi : « Ils ont mis «Maitre Luthier » sur mon badge, mais ils auraient dû mettre "centimètre".

Le Voice Live Touch de TC Helicon

Je ne suis pas là pour rigoler, je continue donc mon petit tour. Chez Two Notes, les solos s’enchainent pour montrer les capacités du Torpedo, je ne l’avais jamais entendu et je dois admettre qu’il sonne bougrement bien ! Chez Acoufun, on désespère de voir quelqu’un s’arrêter à son stand, chez Sennheiser, un DJ mixe devant une quinzaine de casques différents, parfait pour faire un comparatif mais aucune vraie nouveauté dans le panel proposé, chez Sonovente, on vous permet d’enregistrer vos propres démos, c’est vraiment un truc sympa pour le coup, les groupes et artistes s’enchainent, ravis de bénéficier de bonnes conditions pour s’enregistrer.

Le Torpedo VB-101 de Two Notes

Au détour d’un stand, un démonstrateur me vante les vertus de ses produits, au hasard de la conversation j’apprends qu’il est aussi rédacteur chez Keyboards Recording, je demande naïvement s’il n’y a pas conflit d’intérêt, « Mais bien sûr que non », soit.

Une carotte

Il y a aussi un paquet de stands dont on se demande tout de même ce qu’ils font là, une méthode de solfège révolutionnaire –testée, c’est totalement pourri-, une boîte qui propose des solutions sur mesure pour gérer votre école de musique, pourquoi pas… etc. Le ministère de la culture est là aussi, Frédéric Mitterand ne tient pas le stand, je ne sais pas s’il y a une relation de cause à effet mais du coup, ceux qui tiennent le stand semblent s’ennuyer à mourir. Une petite pensée au stand Elixir, perdu dans ce « trou » (une zone en contrebas) au milieu du salon avec comme seul voisin ce fameux ministère.

Le stand le plus excitant du salon

Un petit paragraphe sur le stand Yamaha tout de même. Les japonais ont fait une véritable OPA sur le salon, leur stand doit prendre 25 pour cent de l’espace total, c’est assez impressionnant. Et ils ne lésinent pas sur les moyens, les démonstrateurs sont présents par dizaines, les produits sont tous à l’essai libre, et il y’a même des guest stars, en l’occurrence Bernard Lavilliers venu faire une séance de dédicace. Il a ramené du monde d’ailleurs Bernard, une sacrée file d’attente patiente pour un autographe du jamaïcain blanc.


Toute la gamme de batterie électronique est présente et il faut avouer que voir une dizaine de gars taper comme des sourds sur des pads en plastique avec des casques sur la tête tout en entendant des pocs pocs ininterrompus, ça mérite de s’y attarder quelques secondes, du coup j’ai essayé, j’avais moi aussi envie de passer pour un con.

Yamaha dévoile un nouveau synthé

Un démonstrateur particulièrement zélé a essayé de nous vanter les mérites du Tyros 4 en reprenant « avec les styles intégrés » différents standards de variété internationale. Désolé ça ne prend pas, cela ne reste que du General Midi amélioré et c’est juste bon à mettre de l’ambiance au thé dansant organisé par le club des anciens de mon village. Par contre, j’ai testé un silent piano, c’est vraiment super chouette.

Le Tyros 4 de Yamaha

Pour terminer chez Yamaha, ils avaient leur propre scène avec différents groupes se succédant et venant nous présenter… De la soupe.

Parce que oui, c’est bien le principal problème de ce salon dont on se demande s’il n’est pas sponsorisé par une marque de légume lyophilisé. Mais pourquoi donc dois-je absolument me farcir seulement des classiques du rock FM et autre bouillie Funk totalement moisie ?  C’est dans le cahier des charges du salon que de proposer une programmation digne d’un colloque de cadres de la Cogirep ? Sincèrement c’est infâme, et je me demande d’ailleurs qui visite ce salon parce que lorsque l’on sort de la halle pour aller voir sur le parvis la « scène Ricard » (!) qui te permet de t’inscrire et de jouer sur scène avec ton groupe sur des instruments prêtés par…  Yamaha, on ne tombe que sur des groupes de reprises totalement insipides. Alors certes, ce sont des bons musiciens qui maitrisent très bien leurs instruments mais qu’est-ce qu’on s’ennuie ! C’est là que même sans être fan du bonhomme je me dis qu’un showcase de Lavilliers ça aurait quand même une autre gueule.


Venons en tout de même aux choses qui nous intéressent un peu plus sur ce site et notamment la MAO. Il faut être honnête, pas grand chose à se mettre sous la dent, on n’est pas à Francfort et ce n’est pas le Musikmesse. Mais tout de même, j’ai des choses intéressantes à vous raconter, notamment chez Steinberg où j’ai eu un débat un peu animé avec un gars qui même devant ses collègues sceptiques soutenait que le moteur de Nuendo était de bien meilleur qualité que celui de Cubase. En voilà un vieux débat ! Pour ce monsieur, vous mettez sans traitement un même fichier Wav sur une piste dans Cubase et dans Nuendo et vous entendez une différence « notamment dans les aigus, beaucoup plus cristallins ». Je n’ai pas Nuendo mais pour avoir comparé de cette manière différents séquenceurs, la comparaison des mixdowns dans un éditeur audio est sans-appel, c’est le même fichier qui sort, fichier identique au fichier wav d’origine d’ailleurs, comme c’est bizarre. J’ose avancer l’argument de l’effet psychologique, « Il n’y a pas d’effet psychologique. Après, on a les oreilles ou on ne les a pas ». Bref, je préfère m’éloigner du stand sur lequel j’ai seulement appris qu’une version 6 de Cubase devrait sortir en 2011 mais on ne sait encore rien dessus. 

" Il n’y a pas d’effet psychologique. Après, on a les oreilles ou on ne les a pas" - Stand Steinberg - Music & You 2010

Chez Avid au moins, il y a quelque chose de nouveau, ce fameux Protools 9 ! Je ne vais pas vous mentir, je ne connais qu’extrêmement peu Protools mais ce que j’ai vu de cette version 9 n’a pas l’air d’apporter grand-chose si ce n’est enfin la compensation de la latence –selon le représentant d’Avid, c’était difficile à mettre en place à cause de la simplicité du logiciel- et bien sûr la fin du hardware obligatoire.  J’ai donc demandé s’ils avaient des arguments pour me faire passer de mon Logic ou de mon Cubase à ce fameux protools puisque c’est le but avoué que de ramener plus de monde chez Digidesign/Avid. La compatibilité avec les studios et la simplicité, voilà ce que j’ai eu comme réponse. Alors certes c’est simple mais l’édition midi est toujours aussi foireuse. Et puis c’est cher, 699 euros. Cela nécessite de toute façon un test poussé que vous pourrez lire prochainement sur ce site. A noter qu’il existe une version SE mais pour le coup c’est vraiment une version super allégée, il n’y a presque plus rien !

Pro Tools SE, minimaliste

J’ai terminé par Roland et leur division MAO Cakewalk qui s’étaient installés dans un bus. C’est vachement bien un bus, c’est super étroit, il fait noir et super chaud. Bref. Ils avaient tout un tas de postes dédiés à Sonar X1 qui doit sortir le mois prochain. Le peu que j’ai pu en voir c’est qu’elle a l’air plutôt bien cette nouvelle version même si ce n’est pas trop grâce au représentant de chez Roland que l’on peut s’en rendre compte ; à l’heure qu’il est il doit toujours chercher différentes fonctions qu’il voulait me montrer et qui semblait se cacher juste pour l’embêter. Il doit tout de même nous envoyer un exemplaire du soft qu’on se rende compte de ce qu’il a dans le ventre.

Le bus Cakewalk

Sonar X1

J’ai fini mon petit tour par 20 minutes sur un tenori-on, objet vraiment fun mais vraiment cher.

Voilà en gros le bilan de mon après-midi porte de Pantin, sincèrement vous n’avez pas raté grand-chose et ce salon ressemblait plus à une grande kermesse qu’à un véritable salon où l’on se demanderait quelle nouveauté nous attendait au prochain stand. Chez Music & You on parie plutôt sur quel titre de ZZ Top ou des Eagles on va entendre.

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